MAfrique : Bulletin de Veille Maroco-africaine
Bulletin Maroc Afrique

24 Mars 2020 - Amadou Lamine Sall

QUE MON PAYS SAIT ÊTRE BEAU !



Que mon pays sait être beau ! Je sirote les images des “opposants” reçus ce mardi 24 mars 2020 au Palais. Macky Sall est béni pour avoir reçu de Dieu cette occasion d’être éprouvé dans ses charges et de comprendre qu’il a besoin de tous pour bâtir notre pays. Ne désespérons jamais. Ce pays n’est pas un pays. Ce pays est une fraternité. Ce pays est un don. Le respect et l’amour le rattrapent toujours. Tant pis pour ceux qui n’y croient pas. Si le Coronavirus croyait nous détruire, il s’est bien trompé. Voilà qu’il construit. Personne n’aurait pu imaginer de voir ces images auxquelles il nous a été donné d’assister en direct à la télévision. Émouvant : Khalifa Sall, par exemple, assis avec Macky Sall. Émouvant. Ne désespérons jamais. Merci Monsieur le président de la République d’avoir fait ce grand pas. Merci aux autres d’avoir également accepté de répondre à l’appel du Chef de l’État. Comme tout cela est beau ! 
 
            Mais ne nous arrêtons pas au seul beau. Transformons ce beau en action. Réinventons à partir du Coronavirus une nouvelle vie politique, sociale, culturelle, économique. Nous y sommes d’ailleurs forcément obligés. L’investissement dans la recherche, la santé, l’éducation doivent primer. C’est comme si Dieu était venu au secours du monde pour lui montrer les nouvelles voies de la vie des nations et des peuples à suivre.  La nature que l’homme a tant assassinée et qu’il continue d’assassiner semble s’être vengé. Elle demande plus de respect, plus de considération, plus d’amour. Il n’est plus possible de continuer à vivre comme nous vivons de nos jours. Nous avons tous constaté maintenant, depuis que le virus impose sa loi, combien le ciel est devenu bleu, combien l’air devient plus respirable, combien les oiseaux réapparaissent, combien le silence nous pousse au repos bienfaiteur, combien les familles se retrouvent et se resserrent. En somme, nous renaissons au monde et nous apprécions la sérénité qui couvre la terre, même si la mort marche sur elle.
 
            Revenant à mon pays, à mon beau pays où nous ne comptons pas à ce jour un seul mort par le Coronavirus, n’ayons pas peur de penser et de croire  que quelque chose qui nous dépasse veille sur lui. Que soit salué avec force le corps médical soignant, tous grades confondus. Nous leur devons une gratitude infinie. Ce n’est pas un hasard sans doute si le Sénégal a abrité la plus grande et la plus distinguée faculté de médecine de l’Afrique de l’ouest. Ce pays doit à notre corps médical plus que des médailles. 
 
            Puisse ce pays n’être plus comme avant. Les images particulières des opposants reçus au palais présidentiel en compagnie de Macky Sall, restent impressionnantes et presque irréelles. Qui y croyait ? Voilà pourquoi nous devons croire à un futur apaisant. Que personne ne vienne nous dire que ce pays est voué à l ‘apocalypse après avoir vu de ses propres yeux vu ce dont le Palais a été le théâtre. A défaut de construire, taisons-nous, taisons la division, bannissons la haine, réajustons nos ambitions hâtives, laissons faire Dieu et le peuple sénégalais qui lui seul décide.
 
           Il est normal qu’un Chef d’État défende son fauteuil. Il est normal que des femmes et des hommes luttent pour accéder à ce fauteuil. Mais il existe des règles de part et d’autre que les uns et les autres se doivent de respecter. Il s’y ajoute que chacune, chacun doit être armé de grandeur. C’est cette grandeur que nous voudrions ici saluer chez le Président Macky Sall et tous les leaders de l’opposition. Qu’ils comprennent que ce qui les a réunis est plus fort qu’eux. A leur tour d’être plus forts que leur division, leur appétit et leur rage du pouvoir. Sur terre, il paraitrait que le pouvoir s’achète alors qu’en vérité il est gratuit chez Dieu, Lui le Généreux. 
 
         La vérité est que si le Coronavirus règne sur le pays, le pays doit régner sur le Coronavirus, c’est à dire le circonscrire, le cerner, l’abattre, lui creuser sa tombe sur place. Il s’agit de ne pas avoir peur. Il s’agit pour ne pas avoir peur de respecter les règles édictées dans la discipline et la soumission. En somme, il s’agit de se respecter d’abord soi-même. La discipline set la vertu de toute dignité. 
 
         Ce que nous ne voyons pas est plus vrai que nous. Tel est le Coronavirus. Tel est notre face à face avec un monstre tranquille et invisible. Ne le minorant pas. Ne lui opposons pas nos fétiches. Par pudeur, ne confions pas sa perte à Dieu Seul.  Commençons par sauver notre propre honneur, nous à qui Dieu a tout donné, indiqué toutes les voies de salut. Notre survie est entre nos propres mains. A nous de faire notre propre ménage du Coronavirus et non de confier la serpillère au Seigneur. N’oublions jamais que Dieu est dans tous les huis clos. Il n’a point besoin d’y être invité !
 
         En ces temps de péril, il nous a semblé que le Président Macky Sall s’était libéré, qu’il était devenu sans colle et sans vis. Libre et attentif. Ouvert et tranquille. Maître de lui-même, parce que  porteur de montagne, maître désigné d’un État, d’un pays singulier qui sait être frénétique, épileptique, mais qui sait se retrouver dans l’unité et autour de l’essentiel. L’opposition également a fait preuve  de répit et d’élégance. Nul ne sera condamné pour crime d’égoïsme ! La politique est devenue subitement un humanisme. Un infime, invisible et volcanique virus a pris la parole et nous sommes tous rentrés dans les rangs. Nous voici aujourd’hui prenant la place de la nature que nous assassinons chaque matin par nos politiques criminelles d’occupation des mers et des terres, de la décapitation des forêts et des espaces écologiques.  Nous avons été et nous continuons d’être le plus redoutable des virus pour la nature. Nous devons rebrousser chemin comme les politiciens aujourd’hui ont rebroussé chemin pour s’entendre, s’écouter, travailler ensemble et inventer un nouveau monde. Ce qui s’impose à nous aujourd’hui ne nous donne pas d’autres choix.
 
          « La mélodie de l’univers » a changé. L’économie se rétrécit. Le rêve se rétrécit. Quand tout sera fini demain, un seul grain pèsera autant que l’or. Une pauvreté innommable s’avance sur le monde. Comment la juguler ? Nous nous battons déjà pour vivre. Faudra t-il demain nous battre pour mourir ?
             Demain est déjà un nouveau jour ; un jour incertain.
             Que notre pays reste dans l’entente et la beauté. Puisse son Chef guérir et combler le présent, affirmer l’avenir, habiter l’histoire  !
 
                                                 
Amadou Lamine Sall
poète
Lauréat des Grands Prix de l’Académie française





              

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