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Le Mardi 4 Février 2020 - Par AFP

Présidentielle annulée au Malawi: de rares précédents dans le monde



Paris - Rappel de précédents cas d'annulation d'élections présidentielles depuis une vingtaine d'années, après la décision de la Cour constitutionnelle du Malawi ordonnant l'organisation d'un nouveau scrutin présidentiel.


Une telle décision reste cependant assez rare dans le monde.

En octobre, Evo Morales, qui briguait un 4e mandat, se proclame vainqueur de la présidentielle, mais l'opposition crie à la fraude.

Après plusieurs semaines de manifestations et son lâchage par l'armée, il annonce sa démission le 10 novembre puis s'exile, dénonçant un "coup d'Etat".

Le 24 novembre, la présidente par intérim promulgue une loi convoquant de nouvelles présidentielle et législatives. Le texte annule le scrutin d'octobre et interdit à toute personne ayant exercé deux mandats électifs de suite de se présenter à un troisième.

Une nouvelle présidentielle est prévue le 3 mai 2020.

Le 1er septembre, la Cour suprême, saisie par l'opposition, ordonne la tenue d'une nouvelle présidentielle, déclarant "invalide" le résultat du scrutin du 8 août à l'issue duquel le sortant Uhuru Kenyatta avait été proclamé vainqueur.

Le 26 octobre, Uhuru Kenyatta remporte (98,26%) la présidentielle, boycottée par son principal opposant, Raila Odinga.

En novembre, la Cour suprême rejette les deux recours demandant l'invalidation du scrutin.

En juillet 2016, la Cour constitutionnelle invalide la présidentielle remportée le 22 mai avec 30.863 voix d'avance par l'écologiste Alexander Van der Bellen, mais entachée d'irrégularités formelles.

Elle fait ainsi droit au recours du parti d'extrême droite FPÖ qui contestait la régularité du scrutin.

Ni fraude, ni manipulation du scrutin n'ont été constatées, mais une accumulation de négligences dans le dépouillement des bulletins.

Une nouvelle présidentielle est organisée le 4 décembre, et Van der Bellen l'emporte avec 53,8% des voix contre le candidat FPÖ, Norbert Hofer.

En juin 2016, les autorités annulent le premier tour du scrutin présidentiel, tenu le 25 octobre 2015, et dont les résultats avaient été largement contestés par l'opposition. Le candidat du pouvoir Jovenel Moïse avait recueilli 32,76% des voix contre 25,29% pour Jude Célestin.

Les autorités ont suivi les conclusions du rapport de la commission de vérification électorale, qui avait recommandé quelques jours plus tôt que le processus électoral soit "repris à zéro" en raison de "fraudes massives".

Le 20 novembre, lors d'un nouveau scrutin, Jovenel Moïse est élu dès le premier tour avec 55,60% des suffrages. Les résultats, de nouveau contestés par ses concurrents, seront confirmés par le Conseil électoral provisoire (CEP), en janvier 2017.

Le 7 octobre 2013, les résultats du premier tour de la présidentielle du 7 septembre, qui a vu arriver largement en tête l'ex-chef de l'Etat Mohamed Nasheed (45,45%), sont annulés par la Cour suprême qui accueille favorablement une plainte à propos d'irrégularités concernant une liste électorale.

Le premier tour est finalement organisé le 9 novembre, donnant à M. Nasheed 47% des voix, un score largement supérieur à celui des deux autres candidats mais insuffisant pour lui permettre d'être proclamé vainqueur dès le premier tour.

M. Nasheed sera néanmoins battu au second tour par Abdulla Yameen.

En raison de fraudes graves constatées, la Cour suprême annule en décembre 2004 la présidentielle du 21 novembre, remportée par le Premier ministre pro-russe Viktor Ianoukovitch.

Le scrutin entaché de fraudes avait soulevé une vague de contestation sans précédent baptisée Révolution orange.

Un nouveau second tour est organisé le 26 décembre, remporté par le candidat de l'opposition, Viktor Iouchtchenko.

D'octobre 2002 à novembre 2003, trois scrutins présidentiels sont invalidés en Serbie en raison d'un taux de participation inférieur au 50% alors requis par la loi électorale.

En juin 2004, après la suppression de cette disposition, le réformiste et pro-européen Boris Tadic remporte la présidentielle face à son adversaire ultranationaliste Tomislav Nikolic.


Topics : Malawi


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