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Le Mercredi 9 Octobre 2019 - Par AFP

Mercedes, Gap, Leica: ces marques qui ont subi la colère de la Chine


Pékin - Compagnies aériennes, marques de luxe ou encore constructeur automobile: la NBA est la dernière d'une longue liste de marques ou organisations étrangères à s'être attiré les foudres de Pékin pour avoir touché à un sujet politiquement sensible en Chine.


La compagnie aérienne hongkongaise Cathay Pacific a subi en août de fortes pressions des médias d'Etat et du gouvernement chinois, car certains de ses employés avaient exprimé leur soutien au mouvement pro-démocratie qui secoue Hong Kong depuis juin.

Ces manifestations, parfois violentes, constituent pour Pékin le plus grand défi dans l'ex-colonie britannique depuis le retour du territoire autonome dans le giron de la Chine en 1997.

Si la compagnie aérienne a d'abord assuré "ne pas pouvoir imaginer" museler ses employés qui soutiendraient le mouvement, elle a fini par en congédier certains, par peur de mettre en péril ses activités en Chine continentale (environ 20% de ses vols).

Le joailler américain Tiffany & Co. a été contraint de retirer de son compte Twitter une publicité postée lundi et montrant un mannequin portant une bague à sa main droite, cette dernière cachant son oeil droit.

Des internautes chinois y ont vu une allusion délibérée à une pose similaire, adoptée par les manifestants hongkongais pour rendre hommage à une femme heurtée en août par des projectiles lancés par la police.

Un porte-parole de la marque de luxe a souligné que la publicité avait été créée en mai, avant le début des manifestations, et qu'elle n'était "en aucun cas une déclaration politique de quelque nature que ce soit".

Un nombre croissant d'entreprises et de compagnies aériennes internationales -- dont Air France, KLM ou encore American Airlines -- ont dû revoir la manière dont elles mentionnent Taïwan sur leur site internet.

Si l'île d'environ 23 millions d'habitants est dirigée depuis 1949 par un régime chinois différent de celui au pouvoir en Chine continentale, Pékin considère néanmoins le territoire comme une de ses provinces.

Et la Chine ne tolère aucune carte ou menu déroulant présentant Taïwan -- ou Hong Kong d'ailleurs -- comme des entités indépendantes.

En 2018, les autorités chinoises ont fait fermer durant une semaine le site internet en mandarin de Marriott après une bourde diplomatique du géant hôtelier qui présentait dans un questionnaire en ligne la région du Tibet (sud-ouest de la Chine) comme un pays distinct.

La même année, le constructeur allemand Daimler s'était retrouvé au centre d'une controverse après un message sur Instagram de sa marque Mercedes-Benz citant le dalaï lama, considéré comme un séparatiste par Pékin.

Les marques de luxe Versace, Coach ou encore Givenchy ont dû présenter leurs excuses en août pour avoir mis en vente des T-shirts accusés d'affront à la souveraineté chinoise, en laissant entendre que Taïwan et Hong Kong ne faisaient pas partie de la Chine.

"Nous aimons la Chine et respectons résolument sa souveraineté territoriale nationale", avait alors réagi Versace, précisant que les vêtements incriminés avaient été "détruits".

En mai 2018 déjà, l'enseigne américaine de vêtements Gap s'était attirée les foudres de Pékin pour avoir vendu un T-Shirt présentant une carte du pays amputée de plusieurs territoires, dont Taïwan.

Les marques peuvent difficilement se mettre à dos la clientèle chinoise, qui représentait l'an dernier 32% des achats de produits de luxe dans le monde, selon le cabinet Boston Consulting Group. Ce chiffre devrait atteindre 40% d'ici 2024.

En avril, le fabricant allemand d'appareils photos Leica a été épinglé pour une vidéo qui abordait le sujet tabou de la répression des manifestations de la place Tiananmen de Pékin en 1989.

L'une des scènes montrait un photographe prenant le célèbre cliché de ce Chinois anonyme affrontant seul une colonne de chars afin de bloquer leur progression.

Leica avait dû prendre ses distances avec la publicité et affirmé qu'elle n'avait pas officiellement été validée.

En novembre 2018, la maison de couture italienne Dolce & Gabbana avait suscité la polémique avec la publication sur Instagram de courtes vidéos jugées racistes par des internautes chinois.

Destinées à promouvoir un défilé, ces clips montraient une femme aux traits asiatiques, qui tentait maladroitement de manger une pizza ou des spaghettis avec des baguettes, sous la direction d'une voix masculine aux commentaires ironiques.

L'affaire s'était emballée après la diffusion sur internet d'une discussion en ligne du styliste star de la marque, Stefano Gabbana, où ce dernier utilisait des émojis d'excréments pour traiter la Chine de "pays de merde".


Topics : Chine, Gap, Leica, Mercedes



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