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Bulletin Maroc Afrique

14 Mai 2020 - COURRIER INTERNATIONAL - Karim Ben Saïd

Khaled Drareni, symbole de l’oppression des journalistes en Algérie


Les arrestations de journalistes se multiplient dans le pays. La presse s’inquiète de l’oppression dont elle est victime, malgré la chute d’Abdelaziz Bouteflika il y a un an.


C’est avec le hashtag “#Happy_FreeKhaled” que les amis de Khaled Drareni, ses confrères ainsi que les défenseurs de la liberté de la presse ont fêté le 10 mai le 40e anniversaire de ce journaliste algérien sur les réseaux sociaux. “Un anniversaire bien triste pour la corporation”, commente le site électronique panafricain Afrik.com.

Le fondateur du site d’information libre Casbah Tribune, correspondant de la chaîne française TV5 Monde et de l’organisation Reporters sans frontières dans le pays, est en détention depuis le 29 mars 2020. Accusé par les autorités d’“incitation à un attroupement non armé” et d’“atteinte à l’unité nationale”, il est devenu le symbole de la répression dont sont victimes les journalistes en Algérie. Il avait tout simplement filmé un rassemblement dans le centre d’Alger. Selon ses avocats, le journaliste risque jusqu’à dix ans de prison pour ses reportages sur le Hirak, le mouvement de protestation né l’an dernier.

Selon Afrik.com, malgré la chute de Bouteflika et l’élection d’un nouveau président, Abdelatif Tebboune, en décembre 2019, “les libertés individuelles s’écroulent les unes après les autres en Algérie”. Outre Khaled Drareni, trois autres journalistes, Sofiane Merakchi, Said Boudour et Abdessami Abdelhaï, sont également en détention provisoire, sous le coup d’accusations diverses mais toutes liées à leur travail.

L’Algérie, classée 146e sur 180 pour la liberté de la presse
“Les persécutions dont font l’objet les journalistes depuis des mois ciblent clairement l’information professionnelle sur le Hirak”, note le site d’information. Pour l’avocat et militant des droits de l’homme Mustapha Bouchachi, il est clair que “le système politique poursuit des journalistes qui ont une ligne éditoriale qui déplaît”. Le 6 mai, une demande de remise en liberté provisoire déposée par le collectif de défense du journaliste Khaled Drareni a été rejetée par le juge d’instruction chargé de l’affaire.

Depuis ces arrestations jugées “arbitraires” par le collectif de défense, les discours sur la “sacralité de la liberté de la presse” servis par le pouvoir en place ont du mal à convaincre. En 2020, Reporters sans frontières place l’Algérie à la 146e place mondiale sur 180. “La situation héritée des années 1960 reste inchangée, voire a empiré”, résume Afrik.com.

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