MAfrique : Bulletin de Veille Maroco-africaine
Bulletin Maroc Afrique

16 Novembre 2019 - Amadou Lamine Sall

CHEIKH AHMADOU BAMBA : « LE NECTAR » DE TOUBA

- CHANT-POÈME -


dédié à mon ami en poésie profonde : Cheikh Ahmadou Kara Mbacké Noreyni


             Ô Serigne Touba
où trouver les hautes marches pour dire ton nom
où trouver les ciels les montagnes les cimes intouchables 
pour dire ton nom
où toucher les cimes atteindre les nids des aigles grimper les miradors
pour dire ton nom
où prendre pied, mesurer les profondeurs interroger les abîmes 
pour dire ton nom
où trouver les minarets qui flirtent avec les étoiles
pour dire ton nom
où trouver les bateaux les voiliers les marins impétueux 
pour dire ton nom
où trouver les forêts closes les bêtes jamais sorties à la lumière
pour dire ton nom 
où trouver les routes qui voyagent vers des horizons jamais entrevus
pour dire ton nom
où trouver les chapelets aux dents des chamelles de Khadija 
pour dire ton nom
où compter les passablonneux des caravanes et le décompte des dunes 
pour dire ton nom
où trouver les oasis désaltérants et qui soudain chantaient pour 
l’orphelin du levant
les mamelles asséchées et soudain gorgées de lait 
pour allaiter l’orphelin du levant
les joies de la nourrice Halima (1) et le premier sein chaud de Thuwayba (2)
pour dire ton nom
où retrouver les pluies diluviennes longtemps absentes sur la Mecqueassoiffée 
pour dire ton nom
où trouver le temps des pierres de jadis pour refonder la Kaaba
pour dire ton nom
où retrouver les vallons secrets pour parler seul à seul avec Dieu
pour dire ton nom 
où retrouver les chemins de miracle et d’épines vers Mayombé 
pour dire ton nom
toi qui as fait de l’exil un chemin de gloire et de conquête
 
 
toi qui as fait de l’épreuve des Blancs le bonheur du croyant
toi qui as habillé l’islam du boubou de l’homme noir
toi qui as levé l’étendard d’un drapeau jamais levé
toi qui as fait de chacune de tes œuvres une œuvre jamais accomplie
ton islam noir ton livre noir au chant infini 
ton message noir pour ton peuple noir
toi qui as fait de Muhammad ton confident
et lui t’a si serré sur son cœur que vos deux cœurs sont devenus siamois
tu as creusé des puits et des puits pour le désaltérer et désaltérer l’Islam
tu as tracé des chemins de foi que les anges tapissent de moquettes soyeuses
tu as invité à ta table tous les croyants et tous les repas sont de ta main
tu as ouvert des portes jamais ouvertes où passe ton peuple vers le Paradis
et voici que tous les peuples jaunes et blancs s’agenouillent devant ton nom
tu as bâti des chants qui enivrent l’âme
des chants qu’aucune gorge de rossignol ne saurait rendre
ton nom désormais éclaire bien des chemins de par le monde
ton nom apaise nourrit fortifie rend le sommeil aisé
tu guides les faibles à gravir les montagnes et voilà
qu’ils construisent des cimes au-dessus des cimes
qu’ils réinventent les montagnes en ton nom
en ton nom les champs arides fleurissent en un jour par la bravoure de tes fidèles
en ton nom les récoltes en un jour sont fastes
en ton nom en un jour poussent les mosquées et se multiplient les minarets
en ton nom en un jour les greniers sont pleins à craquer
en ton nom les vainqueurs acceptent d’être les vaincus car
tu as mis dans leur cœur le nectar du pardon 
et qui goûte à ce nectar marche les pieds nus sur le fer rouge sans frémir
 
            Merci à toi Cheikh Ahmadou Bamba
gloire à toi dont le boubou blanc lève un soleil blanc qui mûrit toutes semences
gloire à toi dont le turban protège de la foudre et des regards carnivores
gloire à ton humilité gloire à ta générosité, gloire à ton amour pour Muhammad
gloire à ta plume nombreuse gloire à ton encre sucrée gloire à tes chants de soie
gloire à tes fils laissés dans les mailles de l’héritage et
qui de ta route ont multiplié les routes
de tes leçons ont forgé dans le marbre tes valeurs de vie et de conduite
l’Islam est ton foyer ton lit ton oreiller ton turban ton cheval fidèle
tu as fondé par le verbe une cité
par le verbe tu as prédit l’avenir 
tu as par le verbe fait construire des rails jusque dans le ventre de Touba
pour que ta mosquée s’élève et toujours s’élève
et même les Blancs y ont sali leur tenue blanche
et le rêve n’a jamais pris le dos de l’âne mais la chevauchée des étalons
et Touba a surgi de terre pour couvrir de son nom toute la terre
qui mais qui donc aura sorti Dieu de Son Sommeil pour t’accueillir
qui mais qui donc aura tant fait chanter le cœur de Muhammad
et Allah te prie alors dans Ses Bras toi qui fis de Son Messager ton ami
qui mais qui donc aura donné à la race noire tant d’éclat
qui mais qui donc aura dompté l’océan et fait de lui son tapis de prière
qui mais qui donc aura fait des lions et des fauves des 
pigeons picorant dans tes paumes
ton chapelet était leur chaîne
ta voix était leur musique pour s’endormir
qui Bamba qui saura dire et chanter tes bienfaits
qui mais qui donc saura se taire devant tes œuvres
de par le monde tu rayonnes
de par le monde le soleil se lève avec ton nom et se couche avec ton nom
de par le monde ton nom a bâti des maisons des ponts de vastes fraternités
de par le monde ton nom a imprimé le Sénégal sur tous les fronts
les pierres de la Kaaba savent
Médine où dort ton préféré sait
les saints savent d’où vient la route vers le ciel
et personne ne monte sans toi s’il veut que le voyage soit sans peine
car Muhammad ne te quitte jamais
il t’a donné toi son ami le double de toutes les clefs
pour que s’ouvrent toutes les portes aux battants d’or et d’émeraude
pour que tous les anges te reconnaissent toi que Dieu a reconnu
pour que le Paradis te déroule ses tapis rouges et parfumés
pour que tes disciples passent tous les péages sans bourse délier
et qu’ils passent chevauchant les plus flamboyants des anges ailés
tu avais déjà sur terre bâti pour eux des banques remplies de cauris d’or
et de ces banques ils étalaient tous les coffres
et Massalikoul Jinaneest de ces phares nés des banques du cœur et de la foi
c’est ainsi que tu as montré à ton peuple les chemins du travail
tu as laissé les princes de la politique tranquilles
tu as devancé leur mission tu leur a servi le thé avant leur feu
c’est ainsi que tu avais  devancé le colon Blanc dans 
l’argile mouillé de l’esprit de ton peuple de croyants
et tu as forgé un esprit invincible qu’aucune souffrance ne peut vaincre
qu’aucune monnaie ne peut soumettre
tu as fait de la foi et ta caresse et ton épée et ton viatique
tu as fermé tous les horizons à la peur à la trahison au renoncement
tu as laissé ton arc-en-ciel habiter le jour et la nuit l’éclaire plus que le jour
tous ceux qui t’ont donné ce que leur cœur, leur bourse, leur grenier
avaient de plus précieux tu leur a retourné une richesse plus grande que
leur vie durant n’aurait pu amasser avant la tombe
ton nom est leur récompense
ton nom est leur breuvage
ton nom est leur lit
ton nom est leur premier enfant né avant eux
ton nom est leur prière et Dieu bénit cette prière
ton nom est leur faste champ d’arachide même si une seule graine n’y a germé
 
           Ô Serigne-bi
nous savons que ceux qui sont morts ont été enterrés et 
nous les vivants ne savons pas si nous serons enterrés ou laissés aux vautours
car le monde soudain peut finir soudain en un jour soudain 
qui prendra alors soin  des corps de tes enfants si ce n’est ton nom qui comme 
une muraille comme un toit gardera tes protégés de tous prédateurs
tel est le viatique que tes enseignements ont laissé dans nos cœurs
et notre foi en est si remplie que le Paradis est venue à nous de notre vivant
 
             Ô Khadim Rassol
qui vend l’humilité ferme boutique quand tu apparais
toi dont toutes les malles portent l’unique boubou
toi qui a donné ton lit au Coran qui y trône et toi qui 
dors à ses pieds à même le sol
au Coran tu as donné ton oreiller
au Coran tu as donné ton drap
tu as soumis l’encens pour ne parfumer que le Coran
tu as honoré le Coran et le Coran t’a honoré
tu as élevé le Coran et le Coran t’a élevé
tu as grandi le Coran et le Coran t’a grandi
tu a fini Ô Serigne-bi à n’être rien d’autre que le Coran
rien d’autre que la voix de Muhammad
rien d’autre que l’écho d’Allah 
alors à tes disciples que l’humilité soit la demeure
que la discrétion soit la maison de l’aumône
que l’éclat de l’or soit caché
que les malles et les sacs pleins de billets de banque soient en dehors des regards
que les éloges soient plus bruyants dans les cœurs que sur les langues
Dieu aime ceux qui se taisent quand leur cœur seul donne pour l’amour de Dieu
quand Dieu sait tout avons-nous alors besoin des 
regards de nos semblables pour mesurer ce que nous donnons
notre foi doit tout remplir tout occuper
elle est notre plus sûre maison
elle est une tour vers le ciel et Cheikh Ahmadou Bamba habite à
la fois le dernier étage et le rez-de-chaussée 
atteindre Dieu dans l’ascension et rester sur terre  avec ses
semblables ses fidèles ses disciples pour l’humilité telle est ta leçon Bamba
 
        Ô Serigne-bi
tu nous as appris par la dévotion et la droiture
à ne pas jeter sur nous-mêmes de nos propres mains
les « utérus de brebis les entrailles les abats »
tu nous as appris à éviter que soit « disséminés au vent en
notre direction les « os décomposés » des infidèles
 
        Prions comme Bamba
apprenons comme Bamba
méditons comme Bamba
chantons Muhammad son ami comme lui seul sait le chanter
et ne donnons point notre temps nos désirs et nos forces à
la seule richesse  à la seule gloire à notre seul renom
que notre seule richesse notre seule gloire notre seul renom soient de servir Dieu
d’aimer et de proclamer l’époux de Kadija comme le meilleur d’entre nous
pour qu’alors Serigne Touba à son tour nous aime et
nous compte parmi les perles sonores de son chapelet d’or
 
         Ô Serigne-bi
l’on nous dit qu’au coucher du soleil un autre soleil avec 
toi un jour est entré à tes côtés et avec les mêmes pas dans le village de Ngalick
El Hadji Malick Sy et Cheikh Ahmadou Bamba cheminant côte à côte 
le safir de Tivaoune aux côtés du rubis de Touba
ceux qui ont vu ces deux astres entrer dans Ngalick
ont vu deux fois le soleil hésiter à se coucher
pour que vos chemins soient éclairés au-delà de la nuit tombée
Ngalick le raconte et ses enfants pèlerins s’en souviennent 
 
         Ô Cheihk Ahmadou Bamba Mbacké
Puisse ce chant si inaccompli que je t’offre mériter ta grandeur
ici se couche cette humble chanson mais la lyre de mon cœur résonnera
tant que ton nom résonnera et tous nous savons qu’il résonnera pour toujours 
car il n’existe point d’horizon où ton nom peut s’adosser
point de limite d’amour dans le cœur des hommes où le circonscrire
car qui chante Muhammad comme tu sais le chanter
car qui s’abandonne et s’abîme en Dieu comme tu as su l’accomplir
ne récolte que le chant éternel des étoiles
la nuit éclairée des temps
le jour lumineux des chemins lumineux
 
         Ô Khadimou Rassol
tu resteras la grande incendie
la grande joie
le bonheur jamais révélé des mourides ton peuple de 
torches de feux jamais éteints de jour comme de nuit
même quand le soleil offre son âtre sous le ciel bleu
bleu comme cette mer qui a gardé ton front imprimé dans l’eau 
où les poissons viennent pondre leurs œufs de promesse exaucée
où nos enfants noirs jadis déportés dans les câles des négriers Blancs et 
dont les corps tapissent le fond de l’océan de Gorée à Memphis
trouvent la fraîcheur car ton front Ô Bamba a tout réfrigéré
 
           Ô Serigne Touba
nul ne peut couvrir ton nom de clameur pour étouffer son écho sonore
il est pareil au Coran que nul ne saurait écouter sans s’émouvoir
la sourate « l’Étoile » a plié bien des cœurs et
fait courber des fronts vers Dieu
tel est ton nom qui invite à la félicité au repos
puisse Allah nous préserver d’Abû Jahl
 
         Ô Grand Cheikh
enlève de notre cœur « l’ivresse et la distraction »
et laisses-y l’ivresse et l’amour de Dieu
laisses-y notre foi en Muhammad dont tu es
à la fois le Premier ministre le Directeur de Cabinet et l’Aide de Camp
 
        Ô Cheikh Ahmadou Bamba
ton « royaume est devenu le nôtre ta gloire est devenue la nôtre »
 
        Ô Serigne-bi
c’est mon ultime prière 
prends la main de ce poète enfant de Joal et de Jésus
qui avec ton enfant Serigne Fallou Mbacké ont
le sept juin 1963 main dans la main ouvert au
 monde pour la première fois les portes de la  Grande Mosquée de Touba
et l’enfant de Joalalors prince de la République
a dit de sa langue haute et sûre que cette maison de Dieu 
que tu avais demandée à Allah est devenue « notre unité nationale »
et voilà que 56 ans plus tard « Massikoul Jinane » a de nouveau scellé 
l’unité nationale sénégalaise entre deux princes qui cherchaient en vain
à manger dans le même bol et que la foi a fini par rassembler à la même table 
pour sceller la paix des coeurs et des esprits
ce que la République n’a pu accomplir le temple de Dieu l’a accompli
prie donc Khadimou Rassol
prie pour ce prince des poètes qui rendit à notre pays tout l’orgueil de nos pères
 
        Ô Grand Cheikh toi l’étoile de la Grande Ourse 
j’ai dit à Binta Diallo la fille peule de Awa Mboudo 
Binta Diallo ma mère de quatre vingt dix neuf hivernages et toujours si belle
de prier pour toi car elle sait prier et Dieu lui tient le chapelet je le sais
et Muhammad lui tient les mains avec les tremblements de l’âge
 
        Ô Serigne-bi
j’ai peu évoqué des Noms hormis ceux d’Allah de Muhammad lebien-aimé 
laisse-moi nommer Binta Diallo la douce mère qui a
mis mon visage face au soleil et
Dembel Sall le père béni trop tôt monté au ciel me laissant sur
terre avec mes 11 ans de souche d’arachide assoiffée de pluie
j’ai donné de main ferme au droit chemin la clef de l’honneur de mes géniteurs
j’ai demandé à la mort de me clore les yeux si je renonçais à toute dignité 
j’ai demandé au diable de me punir si je manquais de
respect à un seul de mes semblables serait-il mon plus implacable fossoyeur
 
        Ô Grand Cheikh
j’ai beaucoup  marché
j’ai beaucoup lavé le linge repassé préparé le feu pour celle qui m’a gardé neuf mois dans son ventre sans payer le loyer
j’ai beaucoup prié et éprouvé mes genoux au pied de ma mère
elle est mon levant
elle est ma Kaaba mon mont d’Arafat ma plume et mon Paradis
mais je suis venu t’ajouter Ô Khadim Rassoul à 
la  Promesse de Dieu car Dieu t’aimepour ce que tu as apporté au monde
donné au monde
offert à ton peuple
pour ce que ton nom signifie désormais jusqu’à la fin des temps
pour ton amour pour Muhammad
pour ta plume mille fois belle mille fois nourrie et mille fois bénie
toi le plus inspiré des poètes
toi si humble si chaste si grand parmi tes semblables
 
          Ô Serigne-bi
merci à toi merci à tes livres merci à tes chants merci à tes promesses
nous te savons et te voyons à la droite du Père
et Muhammad te tient la mainalors que tu tiens dans tes bras
Maodo Malick Sy
Mame Abdoulaye Niasse 
Mame Seydina Limamoulaye
Boucounta de Ndiassane et tous les saints
gloire à toi Mbacképaix et prospérité surta descendance
 
          Ô Mbacké
un oiseau qui vole et qui entre dans un avion ne vole plus c’est l’avion qui vole
tels sont tes disciples qui blottis contre toi en ton nom en ta foi ne
craignent plus rien et voient leur vie assurée leur voyage payé le paradis conquis
mais nous savons que tu n’oublies pas de leur dire d’y ajouter le droit chemin
la prière l’aumône l’humilité l’amour et le don de soi à ses parents
 
          Ô Khadim Rassoul le bien récompensé
le peuple de l’islam le peuple de Jésus et les fidèles de tous les temples
ont désormais appris avec toi avec ton nom
« que toutes les richesses sur lesquelles se lève le soleil
ne valaient pas une aile de moustique mis en balance » (3) avec
ta foi ton amour pour Dieu et ton attachement à Muhammad le magnifique
avec toi le mouride n’est plus un aspirant mais
un aspiré par Dieu et couvé par le messager Muhammad
          Gloire à toi Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké le « nectar » de Touba

Mausolée de Cheikh Ahmadou Bamba à Touba.
Mausolée de Cheikh Ahmadou Bamba à Touba.
Écrit entre Dakar le jeudi 17 octobre 2019, jour du Magal de Touba
 et Paris, le  mardi 22 octobre 2019.
 
HORS POÈME : Voilà pourquoi nous devons croire en Dieu, cultiver la foi, apprendre de nos saints : « Nous sommes tous confrontés à un certain nombre de faits que nous n’avons pas choisis. C’est notre lieu de naissance, notre famille, l’époque à laquelle nous vivons. Ce sont aussi des évènements sur lesquels nous n’avons pas de maîtrise et que nous ne pouvons pas contrôler : les maladies, les aléas économiques, la vieillesse et la mort ». écrit F. Lenoir.  « Nous ne pouvons pas choisir notre rôle, mais nous pouvons choisir la manière de l’endosser, ajoute Épictète, l’esclave, qui a vécu au 1er siècle.
 
1- La nourrice qui allaita le prophète Muhammad du nom de Halima Bint Abi Dhu’ayb (source « Biographie du Prophète : le Nectar cacheté » de Cheikh Safiyyu ar-Rahman al-Mubarakfuri ), édition Albouraq, 2014.
2- La première femme à allaiter le prophète après sa mère. Elle  était une esclave affranchie (Source idem)
3- citation tirée de : « Le nectar caché : Biographie du prophète Muhammad » / page 114, de Cheikh Safiyyu  ar-Rahman al-Mubarakfuri, éditions albouraq, 2014.





              


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