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Le Samedi 9 Novembre 2019 - Par Amadou Lamine Sall

CHANT POUR EL HADJI MAODO MALICK SY « L’OR DÉCANTÉ »

écrit en perspective du Maouloud du samedi 09 novembre 2019



Il est beau il est beau si beau si beau comme il est beau Maodo Malick Sy
cette lumière qui l’irradie vient d’un soleil qui n’est point le nôtre
ces rayons diaphanes qui dessinent son front viennent du Grand Est
là où Dieu mit au monde un prophète grand et irradiant du nom diaphane de Muhammad Maodo Malick n’est pas qui veut
qui veut n’est pas Maodo Malick
cet astre vient d’un ciel unique d’un astre unique
sa lueur n’est pas de notre terre mais d’une autre terre qu’Allah Seul chuchote
et la Tidjaniya s’est levée et ce chant n’est pas prêt de se taire
il vient de contrées lointaines où des oasis de lait parfumé coulent
il vient de pèlerins lointains aux turbans de soie sonore
aux chapelets de feu
et Maodo Malick est arrivé et Tivaoune s’est muée en oasis de foi où
la loi de l’amour et de la droiture ont forgé les cœurs
Maodo Malick n’est pas un chant il est le cœur du chant le bras du chant le temps du chant il est le chant avant le chant
il est la voie avant la voix
il est ce chemin premier qui posa la pierre première
le maçon venu sans briques et qui de ses mains a fait des briques plus solides que le ciment et la cité miraculeuse grandit
et la cité miraculeuse monta
et la cité miraculeuse s’habilla de blanc
telle est Tivaoune la maison grandiose de Maodo Malick
telle est Tivaoune le cœur insoumis de Maodo Malick
telle s’est accomplie sa prière matinale
telle s’est accomplie sa prière du soir
telle s’est accomplie sa prière de l’aube
tel son chapelet a figé le temps dans l’amour de Muhammad
et ses descendants lumineux ont foré bien des puits d’eau douce d’eau sucrée
leurs paroles ont forgé des cœurs dans l’Islam soumis des passions
et l’épée s’est figée dans le fourreau comme le cœur dans l’abandon de Dieu
Maodo est grand
Maodo est vaste
Maodo est une banque sans guichets
servez-vous avec le code de son cœur et il saura vous donner l’équivalent en or
Enfant j’ai grandi sous ton nom
enfant la Tidjaniya berçait mon sommeil sous le regard d’une mère plus belle que mille soleils et mon père était noble qui
avait fait du chemin de Maodo Malick son grenier de mil toujours faste
ses enfants portaient les noms des fils et petits fils de Maodo
aux héritiers du premier tronc jusqu’aux héritiers des branches


le temps avait tissé des lauriers de lumière Ô Serigne Babacar Sy le rempli le vertueux Ô Mame Abdou Aziz Sy Dabakh le sauvé le reposant le généreux
Ô Serigne Mouhamadoul Mansour Sy le veilleur des tablettes
Ô toi Cheikh Ahmed Tidiane SY Al Makhtoum l’étoilé l’extase de l’esprit
Ô Serigne Abdoul Aziz Sy al-Amin le serviteur le réparateur le tisserand
Ô Serigne Babacar Sy Mansour le roc cette « pierre qui n’est pas de celle des termitières »
Ô Maodo Malick
que sur tes descendants et sur tes fidèles descende une lune de laine
puisse le feu de Maodo Malick éclairer nos cases la nuit des nuits les plus sombres puisse son nom tracer nos chemins vers Allah
puisse son front si lumineux être notre torche dans l’obscurité
puisse son visage si reposant et si désaltérant être notre refuge quand
nos cœurs battent vite et que nos angoisses troublent nos prières
le monde est devenu sans nom et l’homme plus cruel que les bêtes
l’homme prie et Dieu ne répond pas et l’homme sait pourquoi Il ne peut pas répondre
le mal est devenu roi la haine est devenue reine l’argent croit pouvoir défier Dieu
le fils n’est plus le fils mais le brigand
le père n’est plus le père mais le fossoyeur
la mère n’est plus la mère mais la terrifiante rentière
Dieu s’est voilé et Muhammad a fui ses maisons de l’enfer et du sang
mais Maodo Malick reste sur les chemins épineux et son chant désherbe ronces et débris car telle est la voie des envoyés à qui Muhammad a donné à tenir un bout de son bâton et Maodo Malck est bien un envoyé
son nom lave de toute souillure
son nom ouvre les routes fermées
son nom conduit à la table des victuailles
son nom apaise
son nom fortifie
son nom est un lit
son nom est un drap
son message le plus moelleux des oreillers
car tel Dieu l’a voulu
tel Muhammad l’y a invité car Maodo est l’ami du meilleur des envoyés
Muhammad si grand Muhammad si beau Muhammad le rempart des remparts
Merci à toi Maodo Malick
merci pour le soleil des jours et la splendeur des champs d’arachides
merci pour les fruits merci pour les branches gorgées de sève merci pour le tronc nourricier merci Maodo pour les chants du coq merci pour les graines merci pour les oiseaux
merci pour le sein chaud de nos mères le regard digne de nos pères
merci pour nos mains que tu sais rendre propres pour partager tous les repas
merci pour nos cœurs bandés vers Le Tout Puissant
soumis à Muhammad le meilleur d’entre nous
merci pour nos regards qui enjambent les ponts pour aimer nos prochains
merci pour le respect du voisin
merci pour l’aumône qui n’est souvent qu’un souhait quand
nous ne possédons rien pour donner et que notre cœur donne
merci pour les ablutions rafraichissantes
merci pour les prières reposantes


merci pour les nattes de pierre devenues natte de velours sous
nos genoux car la foi anesthésie tout sous la parole de Dieu
les sourates sont des puits de confiture
les appels du muezzin invitent sur des routes de fleurs et de parfums invincibles merci de « l’écorce vers le noyau »
Ô Maodo Malick Sy gloire à toi
On te nomme dans les livres des hommes
Cheikh al-Saïdi al-Hadji Malick ibn Othman ibn Demba ibn Camseddine
1855 fut l’année de la première lumière qui ouvrit tes yeux
et tu rejoignis plus tard une autre lumière plus belle auprès de Dieu en 1922
soixante sept ans fut ton règne sur terre
et ce règne perdure et perdurera jusqu’à la fin des temps
de l’école malikite à l’école ash’arite tu bêchas le champ de la confrérie soufie Tidjane
tu le bêchas tant et tant que les greniers en sont pleins pour les siècles à venir
les noms de tes géniteurs sonnent comme le plus beau des chants de muezzin à cinq heures Sidy Ousmane Sy est ton père - que la plus fraîche des sources le désaltère -
Fatoumata Wade Wele est ta mère - que les plus juteuses dattes du Paradis soient son repas - et la cité éblouie de Gaaya a vu Muhammad y descendre et embrasser l’enfant prodigue
les livres racontent que ton père vient du Boundou
le Boundou si faste en prophéties
Ô Maodo Malick
rien de la jurisprudence à la théologie
des mathématiques à l’astronomie de la prosodie à la poésie
ne t’étaient inconnues
de la Mauritanie à Saint-Louis Louga Pire Sagatta Saldé Podor tu couronnas Tivaoune la cité que Mor Massamba Diéry Dieng souffla à ton oreille et que tu s bâtie
Ô l’ami de Muhammad
toi aussi tu es « Assadullah » le lion d’Allah
toi qui as fait de la Tijaniya les portes d’or de la culture et de l’éducation car
c’est bien l’éducation qui précède l’enseignement
qui ne lave pas son bol avant d’y poser sa nourriture n’a pas été éduqué
la Mecque t’ouvrit ses portes en 1888 l’année des trois 8
tu avais 33 ans l’âge des deux 3
tu as prolongé bien loin les champs de récolte de Ahmed Tijani
nous avons lu dans le jour dans la nuit sous le soleil sous la pluie sous les miettes des bougies ton « Qilâsu thahab « l’or décanté »
et nous avons eu l’esprit plus décanté que le safir
les daaras fleurissent et sur les tablettes poussent des dattes
l’Islam en est l’arrosoir et tu as tenu l’arrosoir et tes enfants ont fortifié l’arrosoir
le Maouloud est ton œuvre
et tu as fait du 12 Rabi Al Amal un jour de gloire et de bénédiction
pour le Sceau des Messagers
et Muhammad le sait et il le témoigne et le chante à Son Maître Dieu
les Tidjanes ont retaillé la plume des fins lettrés et leur encre enfle le papyrus
ils ont lu tous les livres visité tout l’Est et quand ils chantent ils terrifient le Diable
leurs chants de célébration sont une fête pour le cœur et le cœur pleure et les djinns pleurent Muhammad le sait et des nuits et des nuits il vient habiter Tivaoune et Tivaoune se peuple


Muhammad aime Tivaoune il est dans les rues de Tivaoune et Dieu vient souvent marcher à ses côtés sur le chemin des mausolées
Muhammad aime Maodo Malick et qui Muhammad aime Dieu l’aime
quel plus noble lieutenant que celui qui s’est abandonné au prophète et
donné tous ses biens au Levant pour Le seul Nom d’Allah
gloire à toi Maodo Malick
paix et repos à tes compagnons Mama Mor Khoudia Sy qui pria sur ton linceul et ton porteur d’eau Ngouda Mboup qui veillait sur tes ablutions
Ô Maodo Malick le beau le si beau
nous répétons ici la récitation proclamée pour entrevoir l’œil du Messager « Mawlaya sali wa salim dayiman abada alal ibibika xayri xalxi kuliximu » si tu y ajoutais ta bénédiction
Muhammad viendrait à nous comme il est venu à toi
puisse t-il nous visiter dans nos sommeils et dans nos rêves
et puisse t-il venir à nous avec toi main dans la main





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