MAfrique : Bulletin de Veille Maroco-africaine
Bulletin Maroc Afrique

19 Janvier 2019 - Amadou Lamine Sall

CE POÈME POUR MES VŒUX 2019 A MON BEAU PEUPLE



MON PAYS N’EST PAS UN PAYS MORT


Mon pays n’est pas un baobab nocturne
une herbe flétrie une fleur froide
un fruit anémique une terre agenouillée
        Mon pays n’est pas une route coupée un pied boiteux 
une chaussée pourrie au ciel boueux
        Mon pays n’est pas dans l’urgence des vautours
il est dans la foulée des tigres etle lion a encore la 
mâchoire qui brûle et le ventre en flammes
        Mon pays n’est pas un pays mort
mais elle s’est pourtant réfrigérée la mémoire
mort le sang bleu dans la case des hommes pressés
et le rêve de ceux qui ont cru dompter l’alphabet court nu dans les rues
et les enfants ne jettent même plus des pierres à ce lambeau de rêve
         Mon pays n’est mort que dans la hâte de ceux qui marchent
sur les chemins de mirages les yeux glauques l’horizon cupide
         Mon pays n’est mort que dans les fils de l’impatience
les fils malicieux de la politique les sidéens du pouvoir dans
la malaria et le paludisme des urnes
les fils arqués de la politique les bergers à venir mais si fatigués déjà commede vielles « Peugeot » des années de jazz
        Mon pays n’est mort que dans les rois de midi et 
les princes qui mûrissent le trône avant le maïs et l’arachide
les terrasses d’or avant la paille de chaume des toits du Sine
la chaise de satin avant le tabouret de termitière
        Mon pays n’est mort que dans les fils surdoués des feux de brousse
qui dévorent jusqu’aux refuges des lépreux 
        Ce pays mon pays n’est mort que chez les morts d’avant les lampes
car elles arrivent elles arrivent les grandes lampes
arrivent la soie les canapés de laine dans les taudis des banlieues
arrivent les bronzes rares les toiles des enfants d’Oussouye
les livres des enfants du Fouta
arrivent les hautes sourates les chants grégoriens les libations
arrivent les femmes les hommes d’un siècle nouveau
        Mon pays n’est pas un pays mort
malgré les fourmis les béquilles les cafards les sommeils lents 
       Mon pays n’est pas mort malgré les journaux maladifs
Mon pays n’est pas un pays mort
malgré les fourneaux pâlesla solitude d’une pomme de terre 
       Mon pays n’est pas un pays mort
il vit ce pays se tourne se retourne danse et pleure et chante
dans l’angoisseinfinie que masse toujours une foi infinie
que consolent une cloche un minaret le regard
velouté d’une maman infinie
        Mon pays n’est pas un pays défunt
il ne porte comme la vie que les pas lourds d’un soldat amputé
le sourire au gingembre d’une femme que la beauté honore
il est bien debout mon pays grave beau et fort
Mon pays n’est pas un pays mort mon pays n’est pas un murmure
son peuple au front d’étoiles et à la bouche de sel est
une mer haute féconde navigable pour toutes les fraternités du monde
        Chacun sait ici pourquoi alors nous serons toujours vivants





              


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