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Le Vendredi 29 Novembre 2019 - Par MAP

Bulletin écologique du Maghreb du 29/11/2019


Tunis - Pour renforcer la valorisation des eaux non conventionnelles dans l'agriculture, un projet portant sur la gestion intégrée dans les pays de la Méditerranée a été officiellement lancé, jeudi à Gammart (Banlieue Nord de Tunis).


Le projet "MENAWARA", d'un coût de 2,6 millions d’euros, dont 2,2 millions d'euros accordés par l’Union européenne, prévoit des actions pointues jusqu'à 2022 et porte sur la création d'un living lab, une action participative dans le cadre de laquelle citoyens, habitants et usagers sont considérés comme des acteurs clés des processus de recherche et d'innovation, initialement en Tunisie, pour sensibiliser à la nécessité de réutiliser les eaux non conventionnelles dans le domaine agricole et identifier des solutions innovantes et pratiques.

Il prévoit également de renforcer le partenariat entre les entreprises qui fournissent de l'eau et les consommateurs des eaux, en particulier, dans le secteur agricole, qui consomme, à lui seul, environ 83 % des ressource en eau en Tunisie, à travers le recours aux eaux usées épurées qui constitue une opportunité importante et une alternative.

Le projet "Menawara" apporte, selon Samira rafrafi, point focal du programme CBCMED en Tunisie, initiative de coopération transfrontalière mis en œuvre par l'UE dans le cadre de l'Instrument européen de voisinage, des solutions innovantes et technologiques pour "réduire la pression sur l'eau douce dans les pays ciblés".

"La pénurie de l’eau et la dégradation de sa qualité sont devenues des préoccupations majeures pour toute la région méditerranéenne", a-t-elle rappelé. Un travail devrait être fait, à cet effet, en matière de normalisation, selon les usages de cette eau (irrigation agricole, recharge des nappes, irrigation des espaces verts…).

La Banque mondiale (BM) avait mentionné, dans un rapport, que la qualité de l’effluent provenant des stations d’épuration existantes en Tunisie est "très moyenne" et que certaines de ces stations sont saturées et offrent une qualité de traitement "assez mauvaise".

Les eaux usées traitées en Tunisie doivent répondre à la norme NT 106.02, homologuée le 20 juillet 1989, avant rejet en milieu hydrique. Elles doivent être, ainsi, débarrassées de la pollution organique et désinfectées.

L’Office national de l’assainissement (ONAS), qui gère l’ensemble des stations d’épuration, est souvent critiqué pour avoir échoué à se conformer aux règles de qualité des eaux usées. Mais, des programmes sont actuellement en cours pour la réhabilitation des stations d'assainissement à travers le passage à un traitement tertiaire plus sophistiqué pour assurer une meilleure qualité de l'eau usée traitée, ont rassuré les responsable de l'office.

Le projet MENAWARA et d'autres programmes et projets visent essentiellement à trouver des solutions aux contraintes à l'origine de la faible utilisation des eaux usées traitées.

Il s'agit, surtout, de la restriction des listes des cultures à irriguer, l'absence de normes spécifiques, la réticence des agriculteurs, l'insuffisance d’encadrement et le manque d'adéquation entre les prix de vente et les coûts de pompage et d'entretien, en plus de l'instabilité de la qualité des eaux usées traitées.

-. En Tunisie, pays en situation de stress hydrique (moins de 500 m3 par habitant et par an), seulement 23% des eaux usées traitées sont réutilisées, notamment dans l’irrigation des terrains de golf, des espaces verts, des recharges artificielles des nappes (Korba, Djerba …) et beaucoup moins dans l’irrigation des périmètres agricoles.

En mètres cubes, il s'agit d'un potentiel d'environ 275 millions m3, dont seulement 60 millions M3 sont exploités.

"C'est l'équivalent de la capacité d'un nouveau barrage", a déclaré Awatef Laarbi Messi, directrice générale de l'Environnement et de la qualité de la vie au sein du ministère tunisien des Affaires locales et de l'Environnement.

La responsable estime que l'exploitation de ce potentiel d'eau non conventionnelle est aujourd'hui indispensable.

"Nous n'avons plus le choix. Dans la conjoncture actuelle de changement climatique et de raréfaction des ressources en eau, il faut explorer toutes les pistes et sensibiliser à la nécessité d'utiliser davantage les eaux usées traitées pour réduire la pression sur les ressources conventionnelles mobilisées", a-t-elle noté.

Nouakchott -. Une délégation de l’environnement et du développement durable a été installée dans la ville mauritanienne d’Inchiri pour s’assurer que les exploitations minières n’entrainent pas des conséquences nuisibles sur l’environnement. A cette fin, les pouvoirs publics ont imposé aux sociétés minières des cahiers de charges comportant l’obligation de prise de mesures et de précautions pour la protection de l’environnement.

Le responsable de l’exécution des programmes environnementaux au niveau de la délégation, M. Oumar Mohamed Saleck, a affirmé que jusqu’à présent, les services concernés n’ont constaté aucune entorse majeure aux dispositions du cahier des charges et assure que les employés de ces sociétés disposent des équipements de sécurité et de protection requis. 

Il convient cependant de faire remarquer que la délégation ne dispose pas de laboratoire d’analyses ni d’outils de mesure de toxicité, dit-il, précisant que les seules analyses effectuées sont celles entreprises au terme de missions du ministère.





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