MAFRIQUE

        
MAfrique
Le Lundi 3 Février 2020 - Par MAP

Bulletin écologique du Maghreb du 03/02/2020



Tunis - Deux sociétés industrielles se sont engagées à mettre à niveau, avant mi février, deux stations de pompage d'eaux situées aux alentours de la sebkha de Tazarka relevant du gouvernorat de Nabeul (Nord-est), a annoncé, dimanche, le ministre tunisien des Affaires locales et de l'Environnement, Mokhtar Hamami.


"Si ces sociétés polluantes n’honorent pas leurs engagements, elles risquent l’arrêt de leurs activités", a-t-il encore indiqué lors d’une journée de sensibilisation organisée dans le cadre de la célébration de la journée mondiale des zones humides, qui a pour thème cette année "Les zones humides et la biodiversité".

Le responsable a ajouté qu’une réunion, qui regroupera toutes les parties intervenantes se tiendra, jeudi prochain, pour identifier les solutions urgentes pour lutter contre la pollution de la sebkha.

Des experts et des spécialistes participants à cette manifestation ont mis l’accent sur la nécessité de préserver les zones humides dont le nombre s'élève à 250, soit environ un million d’hectares.

La sebkha de Tazarka a connu, récemment, certaines pressions provenant de la station d’épuration des eaux usées relevant de l’ONAS et des eaux provenant de 62 sociétés industrielles installées dans la zone industrielle de Tazarka.

Pour le président de l'Association de l'environnement de Tazarka, Anis Kacem, la sebkha de Tazarka fait face à une véritable catastrophe environnementale en raison de la hausse du niveau des eaux polluées provenant des activités économiques et urbaines qui entourent ce site.

Cette pollution menace même la plage et les terres agricoles avoisinantes, a-t-il encore fait savoir.

Pour sa part, le chef service des zones sensibles à l’Agence de protection et d'aménagement de littoral (APAL), Aymen Kilani, a rappelé que ces zones sont menacées par les risques naturels (sécheresse, …) à cause de la fermeture des barrages, les dangers liés à l’expansion urbaine et les déchets solides et liquides.

-. La Tunisie perd chaque année 25 mille hectares de terres agricoles sous le double effet de l’érosion et de l’activité humaine, dont l’urbanisation, selon l'économiste tunisien Radhi Meddeb.

En 30 ans, le pays perd à ce rythme l’équivalent de la surface du Cap bon en terres arables, a-t-il dit dans des déclarations à la presse, déplorant un modèle qui n'est plus soutenable à moyen et long terme.

"Nous devons rationaliser notre gestion de la terre, de l’eau", a-t-il souligné, rappelant qu'en 1960, chaque tunisien bénéficiait de 1025 m3 de l’eau potable, aujourd’hui, malgré tous les investissements qui ont été faits dans ce domaine (barrages, lacs collinaires, les canaux), la quantité d’eau disponible pour chaque tunisien est de 450 m3.

Il a relevé que dans la situation de stress hydrique, il est devenu impératif d'assurer les droits des Tunisiens à l’eau mais également préserver surtout les droits des générations futures.

Selon lui, ceci passe par une rationalisation de la gestion de la demande en eau potable.

"Nous ne pouvons plus accepter que l’agriculture qui ne contribue qu’à hauteur de 12% du PIB, consomme plus de 80% des ressources en eau, c’est cela le changement de modèle économique, c’est plus de rationalité, plus de solidarité, plus de durabilité, plus d’efficacité, plus d’inclusion", note l'expert économique.

Nouakchott -. Les résultats de la troisième phase d’expérimentation des drones dans la surveillance des criquets pèlerins ont été présentés, le week-end à Nouakchott, par l’institution espagnole de lutte contre les criquets «Hemav» en collaboration avec l’organisme «Celcepro». Présidée par le Secrétaire général du ministère du Développement rural, Ahmedou Ould Bouh, cette rencontre vise à informer les secteurs concernés et les partenaires au développement des importants progrès réalisés en matière d’introduction et de maitrise des drones dans la surveillance des espaces pour la découverte des invasions de criquets. M. Ahmedou Ould Bouh a déclaré, à cette occasion, que l’introduction et la maitrise de ces nouvelles techniques s’inscrivent dans le cadre du renforcement des capacités des pays membres de la Zone-ouest en termes de moyens de veilles et de surveillance précoces de cette région qui fait régulièrement face à ce fléau transfrontalier.

Les deux expériences précédentes de même type, conduites en 2017 et 2019, ont prouvé la grande capacité d’adaptation des drones en conditions réelles de surveillance et de lutte contre les criquets, a-t-il rappelé.

Cette deuxième phase d’expérimentation permettra de mesurer à quel point les améliorations demandées ont été introduites avant de procéder à l’acquisition de ces équipements et leur déploiement dans les pays de la zone, a-t-il encore souligné. Le secrétaire général a de même affirmé que le département du développement rural appuie sans réserve ces efforts qui participent de la préservation de l’environnement, la sécurité alimentaire et la lutte contre la pauvreté en milieu rural. Pour sa part, le Secrétaire exécutif de l’institution de lutte contre les criquets pèlerins en Zone-ouest, Dr Mohamed Lemine Hamouni, a fait savoir que les conditions que la Mauritanie a réunies lors des phases d’expérimentation des drones ont permis de parvenir aux excellents résultats qui viennent d’être présentés lors de cette rencontre technique de haut niveau. Le phénomène des criquets pèlerins est inquiétant et dangereux dans la région de la Corne de l’Afrique, ce qui a conduit la FAO à appeler à une réunion d’urgence à Addis-Abeba le 7 février prochain pour étudier et adopter un plan d’action, a-t-il dit.




Nouveau commentaire :
Twitter


Dans la même rubrique :
< >

Mercredi 26 Février 2020 - 12:57 Séisme politico-médiatique en Algérie

Mercredi 26 Février 2020 - 11:45 Pollution de l'air : Dakar sous un nuage de poussière