MAfrique : Bulletin de Veille Maroco-africaine
Bulletin Maroc Afrique

5 Mai 2020 - MAP

Afrique du Sud: La gestion de la pandémie divise


La gestion de la crise créée par la pandémie du Coronavirus a dévoilé de profondes divisions au sein du gouvernement sud-africain, écrit lundi Bloomberg.


Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, salué pour le dispositif mis en place au début de la pandémie, risque de faire face à la colère de l’opinion publique en raison des mesures prises par certains membres de son gouvernement, indique Bloomberg, faisant allusion à l’assouplissement des mesures de confinement dès le 1er mai.

Selon les scientifiques sud-africains, cet assouplissement risque de s’avérer couteux pour un pays, avec une hausse allant jusqu’à 10 pc quotidiennement des cas d’infection.

En effet depuis le 1er mai, ces infections ont connu une hausse inquiétante, le pays enregistrant plus de 400 cas quotidiennement.

Des chiffres officiels ont montré que le pays a recensé, lundi, 437 nouveaux cas confirmés d’infection, portant à 7.220 le nombre total des contaminations.

Bloomberg relève qu’au moment où Ramaphosa et son ministre de la Santé, Zweli Mkhize, s’activaient à mettre en œuvre des mesures pour éviter une propagation à grande échelle de la pandémie, certains de ses ministres ont introduit des règles « arbitraires » qui risquent de faire perdre à l’Afrique du Sud les gains réalisés au début de la pandémie.

Nic Borain, un analyste économique cité par Bloomberg, a indiqué que certains membres du gouvernement du Congrès National Africain (ANC) n’ont pas hésité « à faire des déclarations qui sèment la division ». Il s’agit d’une situation qui montre « des faiblesses sérieuses au sein de l’exécutif » dirigé par Ramaphosa, note-t-il.

Au milieu de ces contradictions, la présidence sud-africaine a souligné que le gouvernement « parle d’une seule voix » et qu’il demeure « engagé dans le cadre d’une stratégie proactive et d’adaptation » à l’évolution de la pandémie dans le pays.

L’analyste Borain explique les actuelles divisions au sein du gouvernement sud-africain par la position peu tenable dans laquelle Ramaphosa s’est retrouvé dès son élection à la présidence de l’ANC en 2017 en remplacement de l’ancien président Jacob Zuma, éclaboussé par les nombreux scandales de corruption qui ont terni son mandat.

Ramaphosa n’avait alors de choix que d’accepter la présence au sein de son effectif d’alliés de son prédécesseur, a dit l’analyste.

Cette situation met le gouvernement dans une situation de confusion, indique Susan Booysen, directrice de la recherche à l’institut de la réflexion stratégique de Johannesburg.

Les déclarations contradictoires émanant du gouvernement « ne servent pas les intérêts de Ramaphosa », indique-t-elle, relevant que le président sud-africain doit user de tout son poids politique pour conduire le pays a bon port au milieu d’une crise sans précédent.





              


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